Qu'est ce que
l'Esperanto
- Kio estas Esperanto
Pour parler de l'Esperanto de façon
objective,
il faut faire parler des Esperantistes, mais aussi d'autres personnes
qui
ne sont pas favorables à la langue Esperanto. Ceci permettra aux
Esperantistes
de voir les efforts à faire pour rendre inopérant les
contradicteurs
de l'Esperanto.
Ceci est d'ailleurs bon, car en tant qu'Esperantiste,
pris dans l'euphorie de la communication facile, que permet cette
langue,
il est facile d'oublier les cotés importants que doit
posséder
la Langue Universelle, pour être reconnue comme telle.
De plus une opposition existe, il est donc évident que
l'idée
de Langue Universelle, et plus particulièrement de
l'Espéranto
ne laisse personne indifférent, cela veut peut être dire
que
l'Esperanto est la solution aux problèmes linguistiques.
A travers le texte suivant, des paragraphes en rouge représentes
les réflexions qu'un Esperantiste peut faire.
L'ESPERANTO
Bonnes intentions et dures réalités
Qu'on n'aille surtout pas s'imaginer que
l'espéranto
soit la seule langue internationale ayant jailli d'un cerveau
fécond
et inspiré. Parmi toutes les autres, citons l'ido et le
volapük,
auquel le président de Gaulle fit une malicieuse allusion au
cours
d'une de ses conférences de presse. Mais les tenants de
l'espéranto
sont nettement les plus nombreux et il est intéressant
d'examiner
de près leurs arguments en faveur de cette langue.
L'Esperanto, il est vrai n'est pas la
première
ni la dernière langue artificielle proposée à
l'humanité,
cependant c'est la seule qui a eu un tel essor et une telle
longévité,
et qui est arrivée à avoir un si grand nombre d'oeuvres
traduites
et d'oeuvres originales.
Simplification et efficacité
Les espérantistes insistent avant tout sur
l'aspect
rationnel de ce langage artificiel dont l'inventeur, l'ophtalmologiste
polonais
Lejzer Ludwik Zamenhof (1859-1917), prit grand soin d'aplanir les
difficultés
et d'éliminer les anomalies qui entachent tant d'idiomes. En
espéranto,
dont la prononciation épouse fidèlement la graphie - car
il
ignore les lettres muettes si nombreuses en français au grand
dam
de l'orthographe exagérément lutinée pour cette
raison
-, la rationalisation se manifeste, de surcroît, dans les
terminaisons
des mots, qui sont :
- o pour le nom ;
- a pour l'adjectif ;
- e pour l'adverbe ;
- i pour l'infinitif ;
- n pour l'accusatif.
Un jeu de suffixes aussi subtil qu'efficace permet de former une grande
variété
de noms dérivés, par exemple :
- bovo : boeuf ;
- bovin : vache ;
- bovido : veau ;
- bovidino : génisse ;
- bovejo : étable ;
- bovaro : troupeau de boeufs ;
- boveto : petit boeuf ;
- bovisto : bouvier ;
- bovajo : du boeuf.
Dans la conjugaison, les terminaisons verbales sont réduites
à
cinq, quelle que soit la personne :
- as pour le présent ;
- is pour le passé ;
- os pour le futur ;
- us pour le conditionnel ;
- u pour l'impératif.
Le préfixe "mal-" indique le contraire, comme dans les mots
français
malaisé et malheureux, d'où : malgranda (petit), malbela
(laid),
malbona (mauvais),
etc.
Arrêtons ici cette liste riche en arguments favorables à
cette
langue artificielle rationnellement conçue.
Objections en tout genre
L'article défini, unique au singulier comme
au
pluriel, n'est autre que " la ", qui, qu'on le veuille ou non,
évoque
irrésistiblement un féminin pour des millions de
francophones,
d'hispanophones et d'Italiens enclins à critiquer ce choix
contestable
attesté, entre autres, par la viro (l'homme). Tout comme les
noms
masculins, les féminins se terminent par un " -o " d'allure
masculine,
ce qui a de quoi surprendre Espagnols, Portugais et Italiens, de
même
que l'ensemble des adjectifs en " - a ", d'allure féminine, tel
bona
(bon), pouvant tout aussi bien qualifier un nom masculin.
Lorsque l'on apprend une langue, dans les
premiers
temps cette langue parait toujours étrange car on la compare
à
la langue que l'on parle tous les jours, ensuite la musique de la
langue
apprise entre dans la tête et l'on n'y fait plus attention. Mais
il
est étrange alors que l'on puisse presque obliger les
mêmes
peuples, qui seraient critique envers les choix de l'Esperanto en se
qui
concerne sa grammaire, à apprendre contraint et forcé,
l'anglais
ou les féminin et masculins, les articles et les adverbes,
les
terminaisons verbales et les cas possessif sont si étrangers aux
langue
de base latine, et un Chinois, un Japonais, un russe ou un arabe, qui
en
plus des étrangetés de cette langue, doit intégrer
une
calligraphie différente.
Non moins inattendue est la marque du pluriel des noms qui, s'inspirant
de
langues aussi répandues que l'anglais, l'espagnol et le
français,
aurait fort bien pu être un " -s ". Mais, comme nous l'avons vu
plus
haut, cette consonne était déjà affectée
à
quatre désinences verbales, ce qui a assez bizarrement
amené
le père de l'espéranto à choisir, pour tenir ce
rôle
essentiel, le " -j " prononcé à l'allemande, d'où
:
la beboj (les bébés), rimant avec l'anglais boy.
On ne parle encore que de langues voisines,
encore
et l'on ne s'intéresse pas aux langues non européennes.
+
Tout aussi discutable est le choix du vocabulaire,
qui
réserve la part du lion aux termes d'origine néo-latine,
au
détriment des mots d'origine germanique ou slave.
Empruntés
à l'anglais sont, entre autres : birdo (oiseau), havi (avoir),
mapo
(carte), sama (même). Parmi les mots inspirés par
l'allemand,
citons : dika (épais), knabo (garçon), monato (mois),
morgau
(demain), ofte (souvent), tago (jour), trinki (boire), varma (chaud).
Ces
deux langues importantes sont très peu
représentées.
On ne parle encore que de langues voisines, encore et l'on ne
s'intéresse
pas aux langues non européennes. on trouve aussi dans le
vocabulaire
fondamental de l'Esperanto peu de mots Chinois parlé par plus de
un
milliard d'individus, par exemple.
Mais là n'est pas tout le problème.
Pour
qui a conscience de l'énorme masse de mots que contient toute
langue,
on ne peut qu'admirer ce bon Zamenhof qui dut s'escrimer à
créer
de toutes pièces, entre autres, d'innombrables noms de
mammifères,
d'oiseaux, d'insectes, de reptiles et de poissons, sans oublier les
arbres,
les fleurs, les fruits, les légumes, etc., connus, on peut le
craindre,
d'une très faible minorité d'espérantistes. Cette
tâche
colossale accomplie par l'industrieux ophtalmologiste polonais
s'apparente,
en quelque sorte, aux travaux d'Hercule.
Ici, une erreur est due à la non
connaissance
de l'histoire de l'Esperanto, ce qui est compréhensible pour un
non
pratiquant, mais c'est le créateur du volapuk qui a passé
un
temps infini a créer l'ensemble du vocabulaire de sa langue,
mots,
noms d'animaux, noms de plantes et noms de minéraux etc... LL
Zamenhof
connaissait le volapuk, et avait même pensé
abandonné
sont projet si le volapuk était une réussite. Il ne le
fut
pas, alors, Zamenhof proposa l'Esperanto en 1887, dans un petit livret,
contenant
des exercises une grammaire traduite en 5 langue et un dictionnaire
comprenant
seulement un millier de racines. L'entrée des autres termes,
mots
et noms fut fait par lui et surtout par les Esperantistes qui au cours
des
ans ont entré de nouvelles racines, et tel une langue naturelle,
l'Esperanto
évolue, souvent plusieurs racines sont proposées par
divers
Esperantistes, et le choix est sanctionné par l'utilisation.
Ainsi,
pour le mot ordinateur, il y eu les propositions tel que : komputoro,
komputero,
ordinatoro et komputilo. Le gagnant pour ce terme fut "komputilo"
pour
des raisons trop longues ici a décrire, seul le résultat
est
important.
De la théorie à la pratique
Les tenants de l'espéranto nous assurent
que
son emploi généralisé permettrait de
réaliser
des économies considérables dans les organismes
internationaux,
notamment au Parlement européen, qui, utilisant neuf langues
différentes,
mobilise à grands frais non moins de soixante-douze services de
traduction
de l'une à l'autre ! Rien n'est plus vrai. Mais encore
faudrait-il
que tous ces honorables parlementaires connussent cette langue
artificielle
de façon parfaite au point de la parler couramment et de la
comprendre
aussi bien que leur langue maternelle.
Par quel miracle des hommes politiques
déjà
fort occupés parviendraient ils à trouver le temps
d'apprendre
et de pratiquer, sur le tard et sous la direction de professeurs
compétents,
une langue encore bien " confidentielle " de nos jours et contenant,
comme
toute autre, des milliers de mots qu'il faut bien acquérir et
mémoriser
pour ensuite les employer avec aisance dans des conversations et des
discours
sans avoir pu s'entraîner et se perfectionner " dans le pays ",
et
pour cause ?
Si, d'aventure, un seul orateur s'exprimait en
espéranto
au Parlement européen ou dans toute autre assemblée
internationale,
qu'arriverait-il ? Eh bien, dans leur immense majorité ses
auditeurs
brancheraient leurs écouteurs sur la traduction de son discours
dans
la langue qui leur convient. Et, au lieu de réaliser d'immenses
économies,
il faudrait organiser à grands frais neuf services de traduction
supplémentaires
sans lesquels les rarissimes orateurs s'exprimant couramment à
la
tribune en espéranto parleraient dans le vide. C'est là
une
réalité incontestable.
Dans les trois chapitres
précédents
tous les exemples sont vérifiables aujourd'hui, cependant la
première
phrase du premier chapitre parle de l'emploi
généralisé
de l'Esperanto. Ce qui veut dire qu'il n'y aurait plus les diverses
langues
pour la gestion des affaires de la communauté européenne,
Que
les hommes politiques auraient appris la Langue Universelle, au lieu de
nous
dire ce qu'il faut faire sans le faire eu même, toujours
conseilleurs
mais pas payeurs. Il faudra bien en venir à l'Esperanto dans la
Communauté
Européenne maintenant qu'il y a 25 pays et bientôt 4 ou 5
en
plus. Car les coût de traduction vont devenir de vrais
problèmes.
Retour sur terre
Les espérantistes les plus doués et
les
plus talentueux peuvent-ils affirmer que, se rencontrant dans des
circonstances
bien particulières telles qu'une partie de pêche, par
exemple,
ils parlent tout à fait spontanément dans la langue qui
leur
est chère de leurs lignes, de leurs hameçons, de leurs
appâts
et des différents poissons qu'ils ont des chances d'attraper ?
Mais une autre question se pose : qui oserait
prétendre
que, loin d'être pratiqué par d'infimes minorités,
l'espéranto
pénétrera un jour dans les couches dites " populaires "
au
point de se substituer peu à peu à des centaines de
langues
maternelles parlées par des milliards d'humains? Et n'est-il pas
à
la fois utopique et hautement cocasse d'envisager le jour où une
brave
mère de famille de Marseille ou de Munich, d'Istanbul ou de
Bogota
dira en espéranto à son jeune fils : " En rentrant
à
midi de l'école, n'oublie surtout pas de me rapporter une
bouteille
de vinaigre, une boîte de sardines à l'huile d'olive et un
pot
de cornichons. " Car, en toute circonstance, il n'est pas interdit de
garder
les pieds sur terre en se gardant bien de se nourrir d'illusions.
Il n'y a pas connaissance des "denaskaj
Esperantistoj"(Esperantiste
de naissance), qui sont des enfants nés dans une famille ou les
parents
se sont connu par l'Esperanto dans les congrés universelles ou
autres
centaines de rencontres annuelles, qui parlent entre eux en Esperanto,
Esperanto
qui devient donc très rapidement la langue familliale pour les
enfants
qui possèdent en plus la langue du père et la langue de
la
mère. De plus le but avoué depuis plus de cent ans de
l'Esperanto,
n'est pas de remplacer l'usage des langues maternelles, ni
l'apprentissage
des autres langues, mais de fournir a chaque individus sur cette
planète
le moyen simple de correspondre avec tous les autres, et de
défendre
sa culture. De plus malgrés maintenant 25 ans d'utilisation de
l'Esperanto,
et de la connaissance de nombreux Esperantistes, tous ont plutôt
approfondi
l'étude de leur langue en même temps qu'ils
évoluaient
en Esperanto, et malgrés cela non pas pollué leur langue
maternelle
avec des mots Esperantistes.
Jacques CAPELOVICI