Considérant que la reconnaissance de la dignité
inhérente à tous les membres de la famille humaine et de
leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement
de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des
droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui
révoltent la conscience de l'humanité et que
l'avènement d'un monde où les êtres humains seront
libres de parler et de croire, libérés de la terreur et
de la misère, a été proclamé comme la plus
haute aspiration de l'homme.
Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient
protégés par un régime de droit pour que l'homme
ne soit pas contraint, en suprême recours, à la
révolte contre la tyrannie et l'oppression.
Considérant qu'il est essentiel d'encourager le
développement de relations amicales entre nations.
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont
proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux
de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine,
dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et
qu'ils se sont déclarés résolusà favoriser
le progrès social et à instaurer de meilleures conditions
de vie dans une liberté plus grande.
Considérant que les États Membres se sont engagés
à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations
Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des
libertés fondamentales.
Considérant qu'une conception commune de ces droits et
libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement
cet engagement.
L'ASSEMBLEE GENERALE
proclame
LA PRESENTE DECLARATION
UNIVER -SELLE DES DROITS DE L'HOMME comme l'idéal commun
à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que
tous les individus et tous les organes de la société,
ayant cette Déclaration constamment à l'esprit,
s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de
développer le respect de ces droits et libertés et d'en
assurer, par des mesures progressives d'ordre national et
international, la reconnaissance et l'application universelles et
effectives, tant parmi les populations des États Membres
eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous
leur juridiction.
Article premier.
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en
dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de
conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de
fraternité.
Article 2.
- Chacun peut se prévaloir de tous les droits et
de toutes les libertés proclamés dans la présente
Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de
couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de
toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de
naissance ou de toute autre situation.
-
De plus, il ne sera fait aucune
distinction fondée sur le statut politique, juridique ou
international du pays ou du territoire dont une personne est
ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous
tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de
souveraineté.
Article 3.
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et
à la sûreté de sa personne.
Article 4.
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite
des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5.
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 6.
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa
personnalité juridique.
Article 7.
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction
à une égale protection de la loi. Tous ont droit à
une protection égale contre toute discrimination qui violerait
la présente Déclaration et contre toute provocation
à une telle discrimination.
Article 8.
Toute personne a droit à un recours effectif devant les
juridictions nationales compétentes contre les actes violant les
droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la
loi.
Article 9.
Nul ne peut être arbitrairement arrêté,
détenu ou exilé.
Article 10.
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce
que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un
tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de
ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute
accusation en matière pénale dirigée contre elle.
Article 11.
- Toute personne accusée d'un acte
délictueux est présumée innocente jusqu'à
ce que sa culpabilité ait été légalement
établie au cours d'un procès public où toutes les
garanties nécessaires à sa défense lui auront
été assurées.
-
Nul ne sera condamné pour
des actions ou omissions qui, au moment où elles ont
été commises, ne constituaient pas un acte
délictueux d'après le droit national ou international. De
même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle
qui était applicable au moment où l'acte
délictueux a été commis.
Article 12.
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée,
sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à
son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit
à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de
telles atteintes.
Article 13.
- Toute personne a le droit de circuler librement et de
choisir sa résidence à l'intérieur d'un
État.
- Toute personne a le droit de quitter tout pays, y
compris le sien, et de revenir dans son pays.
Article 14.
- Devant la persécution, toute personne a le
droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en
d'autres pays.
-
Ce droit ne peut être
invoqué dans le cas de poursuites réellement
fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements
contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 15.
- Tout individu a droit à une
nationalité.
-
Nul ne peut être
arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de
changer de nationalité.
Article 16.
- A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme,
sans aucune restriction quant à la race, la nationalité
ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils
ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et
lors de sa dissolution.
-
Le mariage ne peut être
conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
-
La famille est
l'élément naturel et fondamental de la
société et a droit à la protection de la
société et de l'État.
Article 17.
- Toute personne, aussi bien seule qu'en
collectivité, a droit à la propriété.
-
Nul ne peut être
arbitrairement privé de sa propriété.
Article 18.
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de
conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de
changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de
manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en
public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte
et l'accomplissement des rites.
Article 19.
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et
d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être
inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de
recevoir et de répandre, sans considérations de
frontières, les informations et les idées par quelque
moyen d'expression que ce soit.
Article 20.
- Toute personne a droit à la liberté de
réunion et d'association pacifiques.
-
Nul ne peut être
obligé de faire partie d'une association.
Article 21.
- Toute personne a le droit de prendre part à la
direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit
par l'intermédiaire de représentants librement
choisis
-
Toute personne a droit à
accéder, dans des conditions d'égalité, aux
fonctions publiques de son pays.
-
La volonté du peuple est le
fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette
volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes
qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel
égal et au vote secret ou suivant une procédure
équivalente assurant la liberté du vote.
Article 22.
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit
à la sécurité sociale ; elle est fondée
à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux
et culturels indispensables à sa dignité et au libre
développement de sa personnalité, grâce à
l'effort national et à la coopération internationale,
compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.
Article 23.
- Toute personne a droit au travail, au libre choix de
son travail, à des conditions équitables et
satisfaisantes de travail et à la protection contre le
chômage
-
Tous ont droit, sans aucune
discrimination, à un salaire égal pour un travail
égal.
-
Quiconque travaille a droit
à une rémunération équitable et
satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence
conforme à la dignité humaine et complétée,
s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
-
Toute personne a le droit de
fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des
syndicats pour la défense de ses intérêts.
Article 24.
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à
une limitation raisonnable de la durée du travail et à
des congés payés périodiques.
Article 25.
- Toute personne a droit à un niveau de vie
suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de
sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement,
les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux
nécessaires ; elle a droit à la sécurité en
cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de
vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance
par suite de circonstances indépendantes de sa
volonté.
-
La maternité et l'enfance
ont droit à une aide et à une assistance
spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le
mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.
Article 26.
- Toute personne a droit à l'éducation.
L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui
concerne l'enseignement élémentaire est obligatoire.
L'enseignement technique et professionnel doit être
généralisé ; l'accès aux études
supérieures doit être ouvert en pleine
égalité à tous en fonction de leur
mérite.
-
L'éducation doit viser au
plein épanouissement de la personnalité humaine et au
renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés
fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la
tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous
les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des
activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
-
Les parents ont, par
priorité, le droit de choisir le genre d'éducation
à donner à leurs enfants.
Article 27.
- Toute personne a le droit de prendre part librement
à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts
et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en
résultent.
-
Chacun a droit à la
protection des intérêts moraux et matériels
découlant de toute production scientifique, littéraire ou
artistique dont il est l'auteur.
Article 28.
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social
et sur le plan international, un ordre tel que les droits et
libertés énoncés dans la présente
Déclaration puissent y trouver plein effet.
Article 29.
- L'individu a des devoirs envers la communauté
dans laquelle seul le libre et plein développement de sa
personnalité est possible.
-
Dans l'exercice de ses droits et
dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux
limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer
la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui
et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre
public et du bien-être général dans une
société démocratique.
-
Ces droits et libertés ne
pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux
principes des Nations Unies.
Article 30.
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut
être interprétée comme impliquant pour un
État, un groupement ou un individu un droit quelconque de se
livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant
à la destruction des droits et libertés qui y sont
énoncés. |
ANTAŬKONSIDEROJ
Pro tio, ke agnosko de la esenca digno kaj de la egalaj kaj
nefordoneblaj rajtoj de ĉiuj membroj de la homara familio estas la
fundamento de libero, justo kaj paco en la mondo,
Pro tio, ke malagnosko kaj malestimo de la homaj rajtoj
rezultigis barbarajn agojn, kiuj forte ofendis la konsciencon de la
homaro, kaj ke la efektiviĝo de tia mondo , en kiu la homoj ĝuos
liberecon de parolo kaj de kredo kaj liberiĝon el timo kaj bezono,
estas proklamita kiel la plej alta aspiro de ordinaraj homoj,
Pro tio, ke nepre necesas, se la homoj ne estu devigitaj, sen alia
elektebla vojo, ribeli kontraŭ tiranismo kaj subpremo, ke la homaj
rajtoj estu protektataj de la leĝo,
Pro tio, ke nepre necesas evoluigi amikajn rilatojn inter la nacioj,
Pro tio, ke la popoloj de Unuiĝintaj Nacioj en la Ĉarto reasertis
sian firman kredon je la fundamentaj homaj rajtoj, je la digno kaj
valoro de la homa personeco kaj je la egalaj rajtoj de viroj kaj
virinoj, kaj firme decidis antaŭenigi socian progreson kaj pli
altnivelan vivon en pli granda libereco,
Pro tio, ke la Ŝtatoj-membroj sin devigis atingi, en kunlaboro kun
Unuiĝintaj Nacioj, la antaŭenigon de universala respekto al kaj
observado de la homaj rajtoj kaj fundamentaj liberecoj,
Pro tio, ke komuna kompreno pri tiuj ĉi rajtoj kaj liberecoj estas
esence grava por plena realigo de tiu sindevigo,
Tial, nun,
LA ĜENERALA ASEMBLEO
proklamas
TIUN-ĈI UNIVERSALAN
DEKLARACION DE HOMAJ RAJTOJ kiel komunan celon de atingo por
ĉiuj popoloj kaj ĉiuj nacioj, por tio, ke ĉiu individuo kaj ĉiu organo
de la socio, konstante atentante ĉi tiun Deklaracion, per instruado kaj
edukado strebu al respektigo de tiuj ĉi rajtoj kaj liberecoj, kaj per
laŭgradaj paŝoj naciaj kaj internaciaj certigu ilian universalan kaj
efektivan agnoskon kaj observadon, same tiel inter la popoloj de la
Ŝtatoj-Membroj mem, kiel inter la popoloj de teritorioj sub ilia
jurisdikcio.
Artikolo 1 :
Ĉiuj homoj estas denaske liberaj kaj egalaj laŭ digno kaj rajtoj.
Ili posedas racion kaj konsciencon, kaj devus konduti unu al alia en
spirito de frateco.
Artikolo 2 :
(1) Ĉiuj rajtoj kaj liberecoj difinitaj en tiu
ĉi Deklaracio validas same por ĉiuj homoj, sen kia ajn diferencigo, ĉu
laŭ raso, haŭtkoloro, sekso, lingvo, religio, politika aŭ alia opinio,
nacia aŭ socia deveno, posedaĵoj, naskiĝo aŭ alia stato.
(2) Plie, nenia diferencigo estu farata surbaze de la politika,
jurisdikcia aŭ internacia pozicio de la lando aŭ teritorio, al kiu
apartenas la koncerna persono, senkonsidere ĉu ĝi estas sendependa, sub
karatoreco, ne-sinreganta aŭ sub kia ajn alia limigo de la suvereneco.
Artikolo 3 :
Ĉiu havas la rajtojn je vivo, libereco kaj persona sekureco.
Artikolo 4 :
Neniu estu tenata en sklaveco aŭ servuteco ; sklaveco kaj sklavkomerco
estu malpermesitaj en ĉiuj siaj formoj.
Artikolo 5 :
Neniu suferu torturon aŭ kruelan, nehoman aŭ sendignigan traktadon aŭ
punon.
Artikolo 6 :
Ĉiu rajtas esti ĉie agnoskita jure kiel persono.
Artikolo 7 :
Ĉiuj homoj estas jure egalaj, kaj rajtas sen diskriminacio al
egala jura protekto. Ĉiuj rajtas ricevi egalan protekton kontraŭ
kia ajn diskriminacio, kiu kontraŭas tiun ĉi Deklaracion, kaj kontraŭ
kia ajn instigo al tia diskriminacio.
Artikolo 8 :
Ĉiu rajtas ricevi de la kompetantaj naciaj tribunaloj efikan
riparon pro agoj, kiuj kontraŭas la fundamentajn rajtojn, kiujn li
havas laŭ la konstitucio aŭ la leĝoj.
Artikolo 9 :
Neniu suferu arbitrajn areston, malliberigon aŭ ekzilon.
Artikolo 10 :
Ĉiu en plena egaleco rajtas je justa kaj publika proceso antaŭ
sendependa kaj senpartia tribunalo, por prijuĝo de liaj rajtoj kaj
devoj kaj de kiu ajn kriminala akuzo kontraŭ li.
Artikolo 11 :
(1) Ĉiu akuzita pro punebla faro rajtas, ke
oni supozu lin senkulpa, ĝis oni pruvos laŭleĝe lian kulpon en publika
proceso, en kiu li ricevis ĉiujn garantiojn necesajn por sia defendo.
(2) Neniu estu konsiderata krimkulpa pro kia ajn ago aŭ neago, kiu ne
konsistigis puneblan faron, laŭ nacia aŭ internacia juro, en la tempo,
kiam ĝi estis farita. Same tiel, ne estu aljuĝita pli severa puno ol
tiu, kiu estis aplikebla en la tempo, kiam la punebla faro estis
plenumita.
Artikolo 12 :
Neniu suferu arbitrajn intervenojn en sian privatecon, familion, hejmon
aŭ korespondadon, nek atakojn kontraŭ sia honoro aŭ reputacio.
Ĉiu rajtas ricevi juran protekton kontraŭ tiaj intervenoj aŭ atakoj.
Artikolo 13 :
(1) Ĉiu havas la rajton libere moviĝi kaj loĝi
interne de la limoj de kiu ajn Ŝtato.
(2) Ĉiu rajtas eliri el kiu ajn lando, inkluzive la propran, kaj
reveni en sian landon.
Artikolo 14 :
(1) Ĉiu rajtas peti kaj ricevi en aliaj landoj azilon kontraŭ
persekuto.
(2) Tiu rajto ne estas alvokebla en kazoj de persekutaj akuzoj malfalse
levitaj pro ne-politikaj krimoj aŭ pro agoj kontraŭaj al la celoj kaj
principoj de Unuiĝintaj Nacioj.
Artikolo 15 :
(1) Ĉiu rajtas havi ŝtatanecon.
(2) Al neniu estu arbitre forprenita la ŝtataneco, nek rifuzita la
rajto ŝanĝi sian ŝtatanecon.
Artikolo 16 :
(1) Plenaĝaj viroj kaj virinoj, sen ia ajn limigo
pro raso, nacieco aŭ religio, rajtas edziĝi kaj fondi familion. Iliaj
rajtoj estas egalaj koncerne la geedziĝon, dum la geedzeco kaj koncerne
eksedziĝon.
(2) Geedziĝo okazu sole laŭ libera kaj plena konsento de la
geedziĝontoj.
(3) La familio estas la natura kaj fundamenta grupunuo de la socio, kaj
ĝi rajtas ricevi protekton de la socio kaj de la Ŝtato.
Artikolo 17 :
(1) Ĉiu rajtas proprieti havaĵon, kaj sola kaj
en asociiĝo kun aliaj.
(2) Al neniu estu arbitre forprenita lia proprieto.
Artikolo 18 :
Ĉiu havas la rajton je libereco de penso, konscienco kaj religio;
tiu ĉi rajto inkluzivas la liberecon ŝanĝi sian religion aŭ kredon, kaj
liberecon manifesti, ĉu sola ĉu kune kun aliaj, ĉu publike ĉu private,
sian religion aŭ kredon per instruado, praktikado, adorado kaj
observado.
Artikolo 19 :
Ĉiu havas la rajton je libereco de opinio kaj esprimado; ĉi tiu
rajto inkluzivas la liberecon havi opiniojn sen intervenoj de aliaj,
kaj la rajton peti, ricevi kaj havigi informojn kaj ideojn per kiu ajn
rimedo kaj senkonsidere pri la landlimoj
Artikolo 20 :
(1) Ĉiu havas la rajton je libereco de pacema
kunvenado kaj asociiĝo.
(2) Neniu estu devigita aparteni al asocio.
Artikolo 21 :
(1) Ĉiu homo rajtas partopreni la regadon de
sia lando, aŭ rekte aŭ pere de libere elektitaj reprezentantoj.
(2) Ĉiu rajtas je egala aliro al publika servo en sia lando.
(3) La volo de la popolo estu la bazo de la aŭtoritato de la registraro
; tiu volo estu esprimata per regulaj kaj aŭtentikaj elektoj, kiuj
okazu per universala kaj egalaj balotrajto, kaj per sekreta voĉdono aŭ
ekvivalentaj liberaj voĉdonaj proceduroj.
Artikolo 22 :
Ĉiu, kiel membro de la socio, havas rajton je socia sekureco kaj
povas postuli la realigon, per naciaj klopodoj kaj internacia
kunlaboro, kaj konforme al la organizo kaj disponeblaj rimedoj de ĉiu
Ŝtato, de tiuj ekonomiaj, sociaj kaj kulturaj rajtoj, kiuj estas nepre
necesaj por lia digno kaj por la libera disvolviĝo de lia personeco.
Artikolo 23 :
(1) Ĉiu havas rajton je laboro, je libera
elekto de sia okupo, je justaj kaj favoraj laborkondiĉoj kaj je
protekto kontraŭ senlaboreco.
(2) Ĉiu, sen ia ajn diskriminacio, rajtas ricevi egalan salajron
pro egala laboro.
(3) Ĉiu, kiu laboras, rajtas ricevi justan kaj favoran kompenson,
kiu certigu por li mem kaj por lia familio ekziston konforman al homa
digno, kaj kiun suplementu, laŭnecese, aliaj rimedoj de socia protekto.
(4) Ĉiu rajtas formi kaj aliĝi sindikatojn por protekto de siaj
interesoj.
Artikolo 24 :
Ĉiu havas rajton je ripozo kaj libertempo, inkluzive racian
limigon de la laborhoroj kaj periodajn feriojn kun salajro.
Artikolo 25 :
(1) Ĉiu havas rajton je vivnivelo adekvata por
la sano kaj bonfarto de si mem kaj de sia familio, inkluzive de
nutraĵo, vestaĵoj, loĝejo kaj medicina prizorgo kaj necesaj sociaj
servoj, kaj la rajton je sekureco en okazo de senlaboreco, malsano,
malkapablo, vidvineco, maljuneco aŭ alia perdo de la vivrimedoj pro
cirkonstancoj ekster sia povo.
(2) Patrineco kaj infaneco rajtigas al specialaj prizorgoj kaj
helpo. Ĉiuj infanoj, egale ĉu ili naskiĝis en aŭ ekster geedzeco,
ricevu saman socian protekton.
Artikolo 26 :
(1) Ĉiu havas rajton je edukiĝo. La edukado
estu senpaga, almenaŭ en la elementa kaj fundamenta stadioj. La
elemanta edukado estu deviga. La teknika kaj porprofesia edukado estu
ĝenerale akirebla, kaj pli alta edukado estu egale akirebla por ĉiuj
laŭ ties meritoj.
(2) Edukado celu la plenan disvolvon de la homa personeco kaj
plifortigon de la respekto al la homaj rajtoj kaj fundamentaj
liberecoj. Ĝi kreskigu komprenon, toleron kaj amikecon inter ĉiuj
nacioj, rasaj aŭ religiaj grupoj, kaj antaŭenigu la agadon de
Unuiĝintaj Nacioj por konservo de paco
(3) Gepatroj havas unuavican rajton elekti la specon de la edukado,
kiun ricevu iliaj infanoj.
Artikolo 27 :
(1) Ĉiu rajtas libere partopreni la kulturan
vivon de la komunumo, ĝui la artojn kaj partopreni sciencan progreson
kaj ĝiajn fruktojn.
(2) Ĉiu havas rajton je protekto de la moralaj kaj materialaj
interesoj rezultantaj el eventualaj sciencaj, literaturaj aŭ artaj
produktaĵoj, kiujn li aŭtoris.
Artikolo 28 :
Ĉiu havas rajton je socia kaj internacia
organizo, en kiu la rajtoj kaj liberecoj difinitaj en ĉi tiu Deklaracio
povas esti plene realigitaj.
Artikolo 29 :
(1) Ĉiu havas devojn al la komunumo, en kiu,
sole, estas ebla la libera kaj plena disvolviĝo de lia personeco.
(2) En la uzado de siaj rajtoj kaj liberecoj, ĉiu estu subigita sole al
tiuj limigoj, kiuj estas jure difinitaj ekskluzive kun la celo certigi
adekvatan rekonon kaj respekton por la rajtoj kaj liberecoj de aliaj
kaj por konformiĝi al justaj postuloj de moralo, publika ordo kaj
ĝenerala bonfarto en demokrata socio.
(3) Tiuj ĉi rajtoj kaj liberecoj estas en neniu okazo efektivigeblaj
kontraŭe al la celoj kaj principoj de Unuiĝintaj Nacioj.
Artikolo 30 :
Nenio en ĉi tiu Deklaracio estu interpretita kiel implico, ke iu ajn
Ŝtato, grupo aŭ persono iel ajn rajtas entrepreni ian ajn agadon aŭ
plenumi ian ajn agon, kiu celus detrui kiun ajn el la rajtoj kaj
liberecoj ĉi-ene difinitaj.
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